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  • Atelier H.Audibert

La trame noire: indispensable à la mise en lumière

Dernière mise à jour : 16 déc. 2022


“Aujourd’hui allumer un lampadaire revient à éteindre une étoile”, Samuel Challéat, dans Sauver la nuit,



Alors que se sont récemment déroulées la Cop27 suivie de la Cop 15 également connue sous le nom de Sommet Mondial pour la biodiversité, à l’atelier H. Audibert on s’est dit que ça pourrait être intéressant de revenir sur la pollution lumineuse et donc sur l’importance de la préservation du noir dans la mise en lumière.


crédit photo: SkyGlow Products


Et cette tendance n’a rien de nouveau. Il y a vingt ans, se tenaient en effet les 1ères assises de l’écologie de la lumière à Lyon. Lors de ces rencontres, Roger Narboni, fondateur de Concepto, avait pour la première fois abordé le sujet de la trame noire. Sans forcément la qualifier en ces termes, il avait en tout cas évoqué la pénombre comme outil pour la préservation de la nature. Une thématique qui a été largement reprise et déclinée depuis.
Au regard de la réflexion amorcée par Roger Narboni, Il va aujourd’hui de soi que dans la mise en lumière plus encore depuis quelques années, il est devenu essentiel de maintenir, en urbanisme ou paysagisme, des zones d’ombres. Pour le bien-être de la faune et de la flore, à la tombée de la nuit. On sait par exemple que les oiseaux et les insectes s’orientent en fonction des astres et que lorsqu’il y a trop de pollution lumineuse, ils sont désorientés et perdent leurs repères. La lumière crée souvent des pièges écologiques qui sont la plupart du temps mortels pour les insectes.

A l’inverse, les mammifères nocturnes comme les chauves-souris cherchent la pénombre afin de pouvoir chasser et se déplacer à la tombée de la nuit. La lumière des villes et des paysages nuit donc à leur développement voire façonne même des zones infranchissables et fragmente leur espace naturel. La lumière nocturne extérieure perturbe donc de nombreuses espèces et dans ce contexte, les spécialistes ont commencé à théoriser sur l’importance du maintien de zones obscures dans les espaces urbains et péri-urbain. Cette pénombre a par la suite été désignée sous l’appellation de la trame noire.

L'origine de la trame noire

Mais avant que la trame noire se mette à exister pour le commun des mortels, les trames vertes et bleues font leur apparition. Ce terme même a été théorisé lors du Grenelle de l’environnement de 2007 puis a été entendu une seconde fois dans le Grenelle 2 de 2010 notamment dans la loi Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement. La trame verte et bleue est un réseau conçu par association des voies fluviales et terrestre pour garantir une continuité écologique en constituant des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques. Les réservoirs de biodiversités sont des espaces dans lesquels la biodiversité est la plus riche ou la mieux représentée, où les espèces peuvent effectuer leur cycle de vie et où les habitats naturels peuvent assurer leur fonctionnement. Les corridors écologiques permettent la communication entre les différents réservoirs de biodiversité garantissant aux espèces des conditions de déplacement. La trame verte et bleue a pour objectif de préserver et remettre en état les milieux écologiques pour endiguer la disparition de certaines espèces. La trame vert et bleue offre une conservation de la biodiversité végétale comme aquatique La notion a été reprise ensuite par le ministère de la transition écologique.

En 2016, avec la loi biodiversité, la trame noire devient une nécessité réglementaire dans tout projet d’aménagement. Mais c’est réellement avec la publication de l’arrêté du 27 décembre 2018 concernant la prévention, la réduction et la limitation des nuisances lumineuses a rendu tout cela plus concret et a amorcé une réelle lutte contre a pollution lumineuse.

Mise en application de la trame noire

Compte tenu de l’évolution de la mise en lumière des espaces extérieurs dans les zones urbaines et végétalisées, à l’atelier H.Audibert on veille également à respecter les normes mais également la faune et la flore.


En pratique l’utilisation de spectre spécifique de la lumière permet d’atténuer les nuisances sur la faune et la flore. Les couleurs chaudes (en dessous de 3000°K permettent de limiter les dommages sur les biotopes). Plus le spectre lumineux est réduit dans ses fréquences, plus son impact est limité sur l’environnement. Il reste difficile, voire impossible, de n’avoir aucune incidence sur l’environnement direct. Aussi nous préférons multiplier les sources de lumière afin d’adapter la lumière, au besoin humain tout en intégrant une notion de chronologie dans la nuit et de limiter au maximum son impact sur la faune et la flore. Toujours dans cette volontée de limiter les nuisances liées à la pollution lumineuse, dans de nombreux projets, l’atelier H.Audibert prévoit souvent l’installation d’un système de mise en lumière à détection de mouvements.
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