• Atelier H.Audibert

Qu’est-ce que la lumière en 2022?


Depuis ces dernières décennies, la lumière tout comme la manière de la concevoir ont beaucoup évolué. A l’atelier Hervé Audibert nos techniques ont également changé et suivi cette évolution.

La technique tout d’abord. Depuis 2009, les lampes à incandescence, trop gourmandes en énergie, ont été peu à peu retirées des marchés publics. Les lampes fluo-compactes les ont alors remplacées dans la mesure où elles durent environ dix fois plus longtemps et consomment 5 fois moins d’énergie pour un niveau d’éclairement équivalent.


A cette époque, l’atelier Hervé Audibert signe l’un de ses projets phares à savoir la mise en lumière des UGC Ciné Cité et la nouvelle identité lumineuse est alors élaboré à l’aide de tubes fluos.

Si les lampes fluo-compactes se sont fait une belle place sur le marché, elles ont cependant des défauts. Elles peuvent en effet avoir une durée de vie qui ne correspond pas à l'offre annoncée, d’autres peuvent prendre du temps à l’allumage, elles émettent un rayonnement ultraviolet qui peut nuire à certaines populations et enfin, elles contiennent toute du mercure nécessitant un recyclage spécifique. Les lampes basses consommation cèdent ensuite rapidement la place aux lampes à LED. La diode électroluminescente (LED) est un composant électronique transformant l'électricité en lumière. Ses principales applications, par ordre d'importance de marché, sont l'électronique mobile, les écrans, le secteur de l'automobile, l'éclairage et la signalisation. Pour l’éclairage, il s’agit de lampes constituées de plusieurs LED de forte puissance additionnées, puisqu'à l'unité leur flux lumineux est encore trop faible. La généralisation des led a permis un éclairage de plus en plus pointu s'appuyant sur des sources de lumière miniaturisées, pouvant se dissimuler dans des endroits jusqu'alors inaccessibles, des sources de lumières toujours plus modulables en intensité, en qualité offrant un large panel de possibilité aux concepteurs.


Depuis la mise au point de cette nouvelle technologie, l’Atelier Hervé Audibert utilise notamment de tout petits appareils pour la mise en lumière des vitrines des musées comme sur le musée zoologique de Strasbourg en collaboration avec Freaks et Ducks Sceno. Cette nouvelle technologie peu gourmande en énergie, à la durée de vie plus importante s'est couplée avec la multiplication des sources de lumière et des puissances (données sur la multiplication impressionnante du nombre de sources), entraînant la nécessité, plus que jamais, de raisonner l'emploi de la lumière pour limiter son impact environnemental. L'impact environnemental ensuite: Fin mars, la plupart des capitales mondiales éteignaient toutes leurs installations lumineuses pendant une heure, à l’occasion de la Earth Hour. Cet événement mondial rappelle que Les dernières décennies ont également vu le développement de la prise en compte de l'impact environnemental de la lumière.


L'Atelier Hervé Audibert prend évidemment ces mesures en compte dans son travail de mise en lumière. Nous prescrivons une programmation pour que nos appareils réduisent leur intensité lumineuse selon certaines plages horaires en fonction du taux de fréquentation des espaces et qui s’adaptent aux usages existants et à venir. Par ailleurs, nous travaillons la mise en lumière de sorte à ne pas éclairer directement la faune ou la flore à la tombée de la nuit de manière à respecter les cycles jour et nuit. Enfin, l’utilisation de température de couleur chaude permet d’avoir un impact restreint sur la faune. A travers la question de la durée de vie des installations augmentée grâce à l’utilisation généralisée de la led, de leur entretien même si la plupart des luminaires leds sont bien souvent imaginés pour être changés avec leur source. La question de leur provenance est aussi au centre des préoccupations.


Depuis la pandémie mondiale, l’approvisionnement en leds en provenance exclusive d’Asie a en effet connue une grosse période de pénurie et les répercussions se ressentent encore aujourd’hui. Dans la mesure où les led sont aujourd’hui, en Occident, indispensables à la mise en lumière de nos espaces intérieurs comme extérieurs, il s’agit pour nombre de fabricants de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement de ce précieux outil.


Certains d’entre eux pensent à relocaliser leurs chaines de production en Europe afin de limiter les dépendances aux marchés extérieurs et aux imprévus économiques, géopolitiques ou sanitaires. De plus, le changement des sources in situ en changeant uniquement le bloc optique mais en gardant le corps de l’appareil dispose de nombreuses vertus écologiques. Cela permet en effet de réduire la production de déchets lors de la maintenance mais aussi d’assurer la pérennité, la qualité et l’homogénéité de la lumière comme l’esthétique des sources lumineuses.


Par ailleurs, on ne peut plus faire l’impasse sur la question de l'impact de la lumière elle-même sur la faune et la flore. Un mâts allumés toute la nuit a une incidence sur un périmètre de 200 mètres à la ronde. La pollution lumineuse et l'omniprésence de l'éclairage sont apparues comme des questions de société ayant une incidence importante sur la reproduction mais aussi sur la disparition de certaines espèces. Dans nos villes, elle est désormais utilisée avec plus de parcimonie et elle s’éteint souvent, passé une certaine heure. On est donc bien loin de l’époque où les villes et bâtiments publics brillaient de mille feux jusqu’au petit matin. Cet usage raisonné de la lumière est motivé par la protection environnementale mais aussi par les économies d’énergie.


Penser les usages pour les humains. L’espèce humaine, au fil des années et des âges, nécessite une lumière spécifique adaptée à ses besoins, à échelle individuelle comme collective. Selon l’Insee, d’ici une dizaine d’années, en France, une personne sur trois aura plus de 60 ans. Plus encore d’ici 2040, on dénombrera entre 1,7 et 2,2 millions de personnes âgées dépendantes. Le vieillissement annoncé de la population française induit une mise en lumière appropriée au confort et à la sécurité de l’ensemble de ces usagers qu’ils soient dépendants ou non.


La lumière chez l’homme dispose en effet d’une multitude de fonctions. Une fonction motrice pour par exemple déceler les obstacles, une fonction visuelle pour la reconnaissance des choses et des gens, une fonction cognitive vis-à-vis de l’impact de la lumière sur le bien être psychologique et enfin une fonction de régulation de l’horloge biologique pour respecter les cycles circadiens des hommes. Ces différentes fonctions doivent être prises en considération dans la mise en lumière des espaces dédiés à l’ensemble de la population, comme domestiques, en tenant évidemment compte de la part vieillissante de la population. Dans la ville, la lumière elle aussi a beaucoup évolué. Pendant des décennies, elle était essentiellement dédiée à la sécurité des usagers de la route, comme des piétons à la tombée de la nuit. Aujourd’hui la mise en lumière a considérablement évolué. Elle prend désormais davantage en compte le piéton mais aussi l’environnement architectural et l’esthétisme.


Les mats installés, notamment dans les espaces urbains sont nettement plus petits, davantage à hauteur d’homme et ils offrent des températures de couleur plus chaudes avec un éclairage plus diffus. On le constate encore plus dans les zones de circulation douce où les véhicules motorisés ne sont pas les bienvenus. L’idée n’est donc plus uniquement de mettre en lumière pour signaler les obstacles dans la pénombre mais d’inviter le piéton à profiter de la ville la nuit en lui offrant une lumière de plus en plus domestique.


L’atelier Hervé Audibert sur de nombreux projets urbains, comme dernière sur le port de Bastia avec les paysagistes de In Situ, a donc conçu une lumière plus domestique avec des températures de couleur plus chaudes et des mats de plus petite taille En 2022, qu’est-ce que penser la lumière ? Nous pourrions conclure que la mise en lumière produite essentiellement grâce à la led doit donc tenir compte de l’urgence concernant la protection environnementale mais aussi de la place de l’Homme dans l’espace urbain, à la tombée de la nuit et au vieillissement de la population mondiale.

Aller plus loin dans une mise en lumière éco-responsable


L’Atelier Herve Audibert concepteur lumière mais aussi prescripteur a lui aussi quelques souhaits pour parvenir à mettre en lumière de manière plus éco-responsable, encore. Nous aimerions beaucoup avoir accès à de nouveaux appareils et technologies moins polluantes pour penser la mise en lumière des espaces. La bioluminescence non OGM et les bandes réfléchissantes déjà utilisées chez certains de nos voisins pour la mise en lumière de la voirie pourraient aussi être peu à peu démocratisées pour délimiter les voies et chaussées, en France. Cette solution offrirait un substitut à certains appareils utilisés pour la signalétique ou le balisage par exemple.


Enfin, concernant les leds, il serait de bon ton de s’intéresser au coup humain et à l’empreinte carbone de la fabrication de ces appareils. S’ils sont en effet peu gourmands en énergie, ils sont néanmoins constitués de terres rares extraits des sols africains, puis sont envoyés en Asie pour être conçus avant d’inonder nos marchés occidentaux. Nous avons hâte que les fabricants, qui se penchent déjà sur la question surtout depuis le Covid 19, puissent nous offrir de nouvelles solutions et alternatives.

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