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  • Photo du rédacteurAtelier H.Audibert

Retour sur ces projets qui n’ont pas vu le jour (2)


 

A l’atelier H. Audibert, on travaille tous les jours sur des projets, à la constitution de dossiers de candidature, de dossiers de concours une fois la première étape franchie ou encore à la rédaction de propositions de missions.  On passe également beaucoup de temps à chercher des idées de mise en lumière, de luminaires ou d’appareils adaptés à un projet, à une demande de la Maîtrise d'œuvre ou de maîtrise d’ouvrage. Enfin, on réalise aussi des tests pour s’assurer de la faisabilité d’une conception et de son résultat avant prescription ou installation. En un mot, on est sans cesse en réflexion et créatifs. Beaucoup de projets sont néanmoins conçus par nos soins à l’atelier sans forcément prendre vie par-delà nos murs. L’idée est donc ici de revenir sur certains projets qui faute de moyens ou de victoire à un concours n’ont pas pu être visibles pour le grand public. 

 

 

La Cité du Vitrail



Esquisse du projet de mise en lumière de la Cité du Vitrail

 

En matière de projets de muséographie ou de scénographie, l’un de nos premiers regrets concerne la Cité du Vitrail de Troyes, un projet pour lequel nous étions dans deux équipes donc une avec Akiko designers. 

  Vitrail 

S’il était clair que la Cité du Vitrail ne cherchait pas à se substituer à la découverte des vitraux in situ, la proposition de présentation se voulait décontextualisée et singulière. Elle montrait des boîtes de lumière comme autant de morceaux de ciel découpés disposés à hauteur d’Homme dans l’espace d’exposition. Le dessin rectiligne de ces dispositifs fait écho à une certaine architecture cistercienne. De cette façon, l’écrin n’accaparait pas toute l’attention du visiteur dont les yeux restaient focalisés sur le vitrail. La lumière très présente demeurait invisible. Toutes les sources étaient dissimulées, la lumière jaillissait des cimaises et d’entre les cimaises. 

 

Le procédé de mise en lumière était assez simple : des rubans led très puissants étaient positionnés de part et d’autre des modules. La progression de la technologie permettait d’intégrer des rubans très efficients et discrets. Les courbes intégrées au dessin du mobilier distribuaient la lumière sur toute la largeur des modules de manière homogène. Dans la grande salle, les larges baies laissaient pénétrer la lumière du jour. 

 

La mise en lumière des grandes baies vitrées de la Chapelle aux dimensions majestueuses nécessitait des appareils équipés d’optiques précises. Au niveau de chacune des six baies sont positionnées deux rangées de linéaires. Ces appareils étaient discrets, presque invisibles depuis les différents points de vue des visiteurs. En complément des appareils avec une optique serrée devaient être orientés vers la partie supérieure des baies pour ramener de la puissance en hauteur. De cette façon, le dispositif d’éclairage ne dénaturait pas le bâtiment, il se voulait un relais à la lumière du jour, tout en assurant des conditions de contemplation des vitraux optimales.

 

Exposition Napoléon 

 



Esquisse du projet de mise en lumière de l'expo Napoléon

Dans les projets qui n’ont malheureusement pas abouti, il y a ensuite l’exposition Napoléon de Paris à la Villette pour laquelle l’atelier H.Audibert avait conçu une mise en lumière dramaturgique pour la scénographie échafaudée par L'atelier Maciej Fiszer. Notamment dans l’espace intitulé La Campagne d’Italie où le visiteur se retrouvait immergé dans un décor très évocateur. Une lumière presque divine venait ensuite mettre en évidence le trésor et les pièces d’or scintillaient sous un faisceau lumineux. L’ambiance lumineuse tout entière devait illustrer le sacré. Le décor fait l'espace et la lumière le rend majestueux. Une accentuation mettait en valeur le trône et son écrin de velours. 

 

Dans une autre salle, la lumière de l’aube révélait un décor de guerre. Comme un voile qui tombait sur le succès de Napoléon, l’ambiance lumineuse devenait trouble, laissant présager le pire. Un couloir étroit laissait place à la lumière, cette dernière étant censée guider le visiteur vers la scène finale, à savoir Sainte-Hélène.  

 

Le parcours se finissait sur un jeu de contrastes, oscillant entre transparence, ombre et lumière. La statue de Napoléon rendant son dernier souffle se détachait de son environnement grâce à la lumière. Enfin, la mise en lumière très dramaturgique de cette scène finale devait faire écho à l’ouverture de l’exposition. 

 

La Géode 

 



Esquisse du projet de mise en lumière de la Géode

Dans un tout autre registre, un projet que nous aimions beaucoup n’a pas non plus pu voir le jour. Il s’agit de la mise en lumière des intérieurs de la Géode, monument du cinéma sphérique à Paris. En collaboration avec l'architecte Pierre Chican, l’atelier H.Audibert avait tout d’abord imaginé un parcours lumineux bien particulier afin d’appréhender l’architecture du bâtiment, de traverser l’écran et de pénétrer dans la couleur. 

 

Pour être plus précis, comme le montre les illustrations ci-dessus, depuis l’extérieur, la lumière perceptible à travers de larges baies vitrées situées en rez-de-chaussée appelait le spectateur pour lui donner envie de pénétrer à l’intérieur de la sphère. Dans le hall d’accueil, une mise en lumière très blanche et des jeux d’ombres et de lumière, recevaient le visiteur puis en montant dans les étages, il sortait du noir et blanc et accédait progressivement à la couleur en traversant l'écran. Il s’agissait de créer une déambulation lumineuse avant, pendant et après la projection et d’accompagner le spectateur dans les différentes étapes du parcours. 

 

Dans les étages, le concept général de mise en lumière de la Géode reposait sur la création de gorges lumineuses, inspirée du travail de James Turell permettant de rythmer la hauteur de l’espace sphérique. L’idée était de faire vibrer les surfaces afin d'accentuer le sentiment de profondeur par un dégradé de couleurs.

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